La puissance de l’impuissance de Dieu

 

Une petite sœur livre ici ses méditations à partir de citations qui l’ont frappée durant le temps de carême.

 

                             De Ron Rolheiser: "La croix et la résurrection révèlent un Dieu rédempteur,
et non pas sauveteur."

Malgré toutes nos prières et nos supplications cette année, Dieu n'est pas venu nous sauver de cette pandémie ! Jésus ne s'est pas non plus précipité à Béthanie lorsqu'il a appris que son ami Lazare était malade et mourant (Jean 11). Il a attendu quelques jours, jusqu'à ce que Lazare soit mort, pour se montrer ! Et c'est de la même manière que Dieu le Père a traité Jésus sur la croix. Il ne l'a pas sauvé de l'humiliation, de la souffrance et de la mort. Dieu ne l'a ressuscité qu'après sa mort. La croix et la résurrection ne révèlent pas un Dieu "sauveteur" mais un Dieu "rédempteur" qui promet d'être toujours avec nous et nous donne une vie qui ne s'arrête la mort, une vie en plénitude dans laquelle il n'y aura plus de douleur, plus de larmes, plus de mort.

Aussi de Ron Rolheiser: "La croix du Christ est ressentie, profondément, dans la moelle de nos os et au fond de nos cœurs comme le plus profond de tous les secrets."

Quel est ce secret ? Je pense que c'est peut-être le pouvoir de l'impuissance. Même s'il a enseigné, guéri et pardonné aux gens pendant sa vie terrestre, Jésus a choisi à la fin d'être impuissant et non-violent face aux forces du mal. C'était un choix conscient : "Je suis le bon berger... Je donne ma vie pour mes brebis..... Personne ne me l'enlève, mais je la donne de mon plein gré." (Jean 10:14-18) Après la dernière Cène, Jésus n'était plus celui qui faisait des miracles pour les autres mais il est devenu impuissant. Et ce chemin l'a conduit à Gethsémani, à la trahison, à l'arrestation, à l'humiliation, à être battu, dépouillé et finalement cloué sur une croix. Oui, Pâques célèbre sa victoire sur la mort, mais c'est sa souffrance et sa mort qui nous ont donné la possibilité d'une vie nouvelle, la vie éternelle. Sa descente dans l'impuissance est devenue la force créatrice de la joie de Pâques. Quelle impuissance puissante ! La souffrance fait partie du chemin vers la vie et la résurrection et se reflète dans une grande partie de la nature, comme dans la naissance d'un enfant, avec la douleur et la joie qui l'accompagnent. 

 

   Le pape François parle de cette " impuissance puissante" comme la " faiblesse omnipotente " de l'amour divin :

" La seule puissance capable de conquérir le cœur des hommes et des femmes est la tendresse de Dieu. Ce n'est pas le pouvoir des instruments ou la force de la loi qui ravit et attire, humilie et vainc, ouvre et libère, mais plutôt la faiblesse omnipotente de l'amour divin - la force irrésistible de sa douceur et le gage irrévocable de sa miséricorde."

" l’impuissance puissante" ou la "faiblesse omnipotente" de l'amour divin se reflète également dans une grande partie de la nature, comme dans le pouvoir d'un vulnérable nouveau-né qui fait fondre un cœur endurci ou dans le pouvoir d'une minuscule graine qui tombe en terre et meurt pour donner naissance à une abondance de vie. 

 

 

Je termine avec une citation que j'aime beaucoup du Rumi, poète perse et mystique soufi du 13e siècle :

"Très peu de choses vivent sur une roche déchiquetée...
Sois broyé. Sois émietté, pour que les fleurs sauvages poussent là où tu es."

Des mystères à méditer.  Des mystères qui restent des mystères...
mais des mystères qui alimentent et nourrissent mon esprit et me remplissent d'espérance dans le Ressuscité !

 

 

                              petite soeur Joël

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 
 
 

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