Aller au désert

“ Jésus fut amené au désert par l’Esprit, pour être tenté par le diable... »

Comme pour le Christ poussé par l’Esprit au désert, comme pour les Hébreux conduits par Moïse vers la Terre Promise, le temps de carême est pour nous aussi une marche dans le désert pour aller vers Pâques.

Le désert fascinant par sa beauté, ses horizons, sa lumière est un lieu aride inhabitable, dangereux.
 Le désert, lieu de solitude, de fragilité, de peur.

Le désert endroit qui pousse à s’accrocher à l’essentiel pour vivre : l’eau et le pain…

Le désert lieu de silence qui rend nos sens attentifs au moindre souffle….

En traversant le désert, les Hébreux se sont heurtés aux difficultés de la faim, la soif, la peur des ennemis : Dans ces moments d’angoisse, ils ont murmuré contre Moïse, douté de Dieu, « Le Seigneur est-il au milieu de nous ou non ? » mais c’est  là aussi qu’ils ont fait l’expérience de sa proximité. Dieu les a libérés de l’esclavage de Pharaon, les nourrit de la manne dans le désert. Le souvenir des épreuves du désert s’est  effacé et ce temps est resté dans la mémoire collective d’Israël comme le temps des fiançailles entre Dieu et son peuple. « Je vais la conduire au désert et je parlerai à son cœur … ».

Ils connaissent la brûlure du soleil, le froid mordant de la nuit, l’angoisse de la faim et la soif et parfois la mort, ces migrants qui se mettent, aujourd’hui, à traverser le désert dans l’espoir de trouver un pays pour vivre mieux.

  Ils affrontent les conditions de vie précaire dans les camps, les réfugiés, les déplacés, ceux  qui ont quitté leurs villages devenus désertiques pour fuir la violence et la guerre.

Ils se battent pour survivre avec le minimum vital et dans l’indifférence des autres, ces pauvres qui croupissent dans le désert de nos grandes villes …

Temps du carême, traversée du désert …Invitation à chercher l’essentiel : « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu  et à la mettre en pratique» : « défaire les chaînes injustes, partager son pain avec l’affamé, héberger chez soi l’étranger, vêtir celui qui est nu, ne pas se dérober devant celui qui est sa propre chair… ».

 Notre cœur peut être comme un désert asséché par l’égoïsme, fermé à tout germe de vie ou un désert préparé, par le dépouillement, au silence et à la solitude, prêt à s’ouvrir à un Autre .

    Frère Charles écrivait : « Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu…Il faut à l’âme ce silence, ce recueillement au milieu desquels Dieu forme en elle l’esprit intérieur, la vie intime avec Dieu… »

Seigneur, avec Toi, nous irons au désert, conduits par l’Esprit jusqu’à la lueur de Pâques….

 

  

 

 
 
 

Contacts