Jubilé des 75 ans de la fondation

                                                                     

Le 8 septembre 1939, petite soeur Magdeleine et petite soeur Anne font profession chez les Sœurs Blanches à Birmandreis (AlgérieI)
​Cette année encore nous sommes invitées à célébrer dans la joie et l’action de grâce l’anniversaire de ce jour qui marque le début d’une aventure plutôt extraordinaire, celle de notre fondation. Et pourtant l’avenir s’annonçait sombre. Peu de jours avant, la France avait déclaré la guerre à l’Allemagne. « L’angoisse d’une guerre mondiale étreignait les cœurs». A cause de cela, Mgr Nouet, évêque du Sahara, craint pour elles une vie de misère, mais elles, rien ne peut les empêcher de partir, « conduites par le bon Dieu »,pour s’implanter finalement au milieu des nomades et du sable près de Touggourt. Il y a 75 ans…

Pte sr Magdeleine aimait relire tout ce que le Seigneur faisait pour elle, pour la Fraternité. Elle avait tellement conscience de n’être qu’un instrument entre Ses mains ! Sa lettre du dixième anniversaire de la fondation est un véritable chant de reconnaissance pour « son œuvre à Lui ». On sent sa jubilation à repasser devant nous comment elle s’est laissée mener, les appuis qui l’ont soutenue, les joies et les souffrances endurées et partagées, la foi folle qui l’habitait et cela malgré la solitude de certaines heures et, 40 ans plus tard encore, cette certitude « qu’Il a veillé, jour après jour, sur la Fraternité qu'Il a fait naître et grandir.... » .

Les 10 ans, 25 ans, 50 ans, 75 ans d’existence de la Fraternité… sont des occasions pour nous aussi de relire notre vécu, de nous arrêter pour voir les traces de Dieu présent au milieu de nous, de rendre grâce. Est-ce possible de nous réjouir alors que notre monde est en feu, que ceux que nous aimons sont touchés dans leur être et dans leurs biens et que tarde l’aube de jours meilleurs ? Alors que les souffrances de l’humanité  nous plongent dans la tristesse, l’angoisse ? Se réjouir, n’est-ce pas une fuite de la réalité ? Et se réjouir de quoi ?

Pte sr Magdeleine n’était pas naïve, elle regardait en face la réalité du monde et des méandres du cœur humain. Quand elle nous invite à entrer dans son Magnificat, elle ne fait pas abstraction des difficultés, des lacunes, des épreuves qui jalonnent les routes de l’humanité, la sienne et celle de la Fraternité et qui la jalonneront encore.La joie vient d’ailleurs, elle« prend justement sa source dans l'amour et dans la croix du Sauveur Bien-Aimé ».Justement…

Justement, amour et croix,, amour et fautes, joie et souffrance cohabitent. Ce qui faisait la force de petite sœur Magdeleine, et lui permettait de ne pas sombrer, c’était qu’elle aimait la vie Elle s’était exercée à veiller dans l’attente que le Seigneur lui fasse signe, à percevoir dans chaque personne, chaque rencontre, chaque évènement la présence de Jésus ; à ne pas s’appesantir sur ce qui pouvait ralentir sa marche et celle de toute la Fraternité alors que le monde a tant besoin d’amour.

Le Pape François nous dit que « l’Année jubilaire n’est pas une fuite, ce n’est pas une évasion de la réalité et de ses problèmes, c’est la réponse qui nous vient de l’Evangile: l’amour comme force de purification des consciences, force de renouvellement des relations sociales, force d’invention pour une économie différente, qui place au centre la personne, le travail, la famille, plutôt que l’argent et le profit ». Se réjouir n’est donc pas une fuite des problèmes, mais au contraire une attention amoureuse à la fragilité de notre monde, un engagement à le servir.

 

      Que cette année jubilaire renouvelle en nous « l’espérance qui prévaut sur l’obscurité la plus profonde ».

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