Visite à Mabasele OICHA

  En décembre 2019, après 30 ans de présence, les petites sœurs ont dû quitter le petit village de Mabasele près de Oïcha à cause des massacres qui se perpétuent dans cette région à l’est de la RD Congo. Ce village est à 35 km de Beni. Petite sœur Sifa vient de passer une semaine dans la région et voici ce qu’elle raconte :

«Je voudrais vous partager mon bref séjour à Butembo, Oïcha, Mabasele. A Butembo j'ai pu rester 4 jours dans la famille de petite soeur Aldegonde qui est auprès de sa maman depuis un mois et demi car celle-ci est gravement malade. Il y a un peu d'amélioration mais jusque-là les médecins ne savent pas de quoi s'agit- il. J’ai continué sur Oïcha : la journée j’étais dans notre village à Mabasele et le soir je reviens au centre à Oïcha passer la nuit. Ainsi font tous nos voisins depuis 2 ans,ils se sentent plus en sécurité là.

 

                           

Comment vous dire la joie de toutes nos amis de Mabasele en me voyant arrivée. J'ai eu la joie de prier avec eux le dimanche à Mabasele à la première messe. L’église était pleine et pourtant 95 pour cent vivent à Oïcha maintenant. Chaque matin, les prêtres viennent dire la messe à Mabasele, les gens y assistent et après ils passent la journée à cultiver leurs parcelles autour de leurs maisons et le soir ils retournent dormir à Oïcha. Leur seul cri était : « Revenez , revenez wadada(mes sœurs). Nous sommes là ». J'ai pu passer une heure avec nos amis pygmées qui sont en refuge dans une école de Masosi . D’habitude, quand ils nous voyaient, ils demandaient de la nourriture ou des habits ou autre chose, mais cette fois-ci, rien, sauf : « revenez, revenez ma sœur… » . Tous ils vivent dans des conditions très difficiles, manquant du nécessaire mais certains ont voulu me donner des bananes plantains et de l’arachide pour les sœurs de Goma ! La générosité des pauvres !

 

                         

J'ai été très émue et émerveillée de voir leur grande foi. Beaucoup d'entre eux, avec un visage paisible, me disaient : « ma sœur, nous avons de quoi rendre grâce à Dieu : quelques-uns de nôtres ont été sauvagement tués mais un grand nombre est encore là. Nous qui respirons encore, nous rendons grâce au Seigneur et prions pour ceux et celles qui nous ont précédé. »Une femme m'a dit: « avec tout ce que nous avons vécu et en train de vivre encore, cela me rappelle  que toute est vanité et nous sommes tous de « visiteurs » sur cette terre. Mais comment arriver au ciel avec dignité ?

En arrivant à Butembo, j’ai appris que notre évêque été absent ; je pensais que je ne le rencontrerai pas. Je suis passée saluer l'abbé Aurélien, président de Justice et Paix du diocèse qui est ami des petites sœurs.Il téléphone pour savoir si l’évêque est déjà rentré à l'évêché et ce dernier venait d’arriver il y a 30 minutes ; apprenant que j’étais par là, il a dit à l’abbé de  m’ amener tout de suite à l’évêché. L’évêque m’a parlé des différents besoins de la population surtout des enfants qui n’ont plus d’école, qui sont traumatisés par toutes ces violences. Et il me dit : « Mais, pour vous petites sœurs, je vous demande de revenir pour être présentes au milieu de ce peuple martyrisé quotidiennement. Votre présence est bien nécessaire. »

 N’est-ce pas là un appel pour nous ? Je vous demande donc de prier avec nous pour que nous puissions discerner comment réponse à tous ces appels ; notre désir est d’y retourner au plus vite si Dieu le veut.

                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

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