Un « OUI » définitif durant la pandémie.

 

Ça fait plus d'une semaine que j'ai prononcé mes vœux définitifs. Aujourd'hui, je vous écris pour vous raconter le vécu de ce samedi 17 octobre. Du fond de mon cœur je peux vous dire que je suis heureuse.Heureuse du OUI de Dieu, du mien et du oui de la Fraternité.

Heureuse aussi de la fête joyeuse que nous avons pu célébrer. Je dis merci à chacun et chacune qui a prié avec moi à Berlin. Certains ont fait un long voyage pour pouvoir participer à l'eucharistie, tout en sachant qu'après il fallait repartir parce que la fête était limitée à 10 personnes. Je remercie aussi tous ceux – petites sœurs, membres de ma famille et amis – qui ont accueilli ma demande de renoncer à participer- avec un cœur compréhensif- à cause des restrictions. Grâce à vous tous qui avez prié avec moi dans de très différents lieux le jour de mes vœux, j'ai pu me sentir comme portée par une toile. Dans mon cœur, elle s'étend sur toute la terre. C'est une toile fragile, suspendue par un fil de soie. Pour moi, elle est une merveilleuse image de ce que l'Église veut et devrait être par sa nature même. Dans ce sens, je suis aussi heureuse de la dimension œcuménique de notre célébration : Isolde, amie de longue date de la Fraternité et pasteure protestante, a prié à côté de frère Franz-Léo (un prêtre franciscain) dans le chœur. Et Ulrike, une amie de mon séjour à Halle et également pasteure, a chanté la Litanie des Saints. Plus je pense au jour de ma profession, plus je reconnais dans la simplicité et la sobriété de la célébration un grand cadeau, une sorte de clin d’œil du petit Jésus. Nous n'avons pas choisi les circonstances, mais nous y avons consenti. A la suite, de nouvelles choses sont devenues possibles et enfin, la célébration a été harmonieuse. Oui, en quelque sorte, elle me correspondait – à moi, à ma façon de vivre ma foi dans l'Église et probablement aussi à nous, les Petites Sœurs de Jésus.

                                                                    

De l'eucharistie, je me souviens surtout de deux « images » : Il y a le petit Jésus. Nous l'avions placé devant l'autel de pierre – simplement couché sur un tissu, avec deux lumières à côté de lui. Il semblait minuscule et presque perdu dans le grand espace de l'église. Et pourtant, il a attiré mon regard encore et encore. Et quand je suis entrée dans le chœur pour faire la prostration devant l'enfant pendant la litanie des Saints, ce fut pour moi un pas très conscient vers la crèche et un "oui" heureux. Au fond de mon cœur, je garde également le moment de la bénédiction que frère Franz-Léo et Isolde ont prononcé ensemble. Cette prière commune était si simple et belle, si "juste et bonne" !

                                                             

Et puis, il y a le "fil rouge". Pour la première fois, il est apparu devant de l'église après la messe. Pour une photo de groupe, nous nous sommes positionnés à la bonne distance tout en restant connectés – le fil que nous avons tendu entre nous l'a rendu possible. Plus tard, sans l'avoir prévu, il a continué à nous accompagner pendant la soirée.  Au début, Katharina Ruth nous a surpris avec un petit théâtre pour me préparer à l'Afrique du Sud et pour m'envoyer en même temps les salutations de toute la région. Merci pour les nombreuses et belles photos de vous toutes, qui ont rendu visible la "cordée", qui nous aide à rester en route ensemble.

Je voudrais terminer ma lettre par ce mot, que nous avons repris et chanté à plusieurs reprises pendant l'eucharistie, et par une pensée de l'homélie. Regardons une fois de plus le petit Jésus. "Ayons confiance en la vie, car nous ne devons pas la vivre seuls, mais Dieu la vit avec nous." Alfred Delp a écrit ces mots les mains liées, en prison, à l'âge de 37 ans, avec la mort sous les yeux – peut-être dans l'heure la plus sombre de sa vie.
 Ces mots me disent qu'au fond, tout est une question de confiance. La confiance que Dieu tient sa promesse. La confiance signifie que nous aussi apprenons à ouvrir nos mains et nos cœurs et à attendre et espérer tout de Lui.

p.s Teresa Johanna

 
 
 

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