Testament de petite soeur Annie

Béthanie, près de Jérusalem

22 août 1982

 

Ceci est mon testament

 

Je ne possède rien et c’est ainsi que je souhaite mourir. […]

C’est un trésor bien plus précieux que l’or et l’argent que je voudrais léguer, non seulement à ma famille et à la Fraternité, mais à tous les hommes…

Ce trésor, c’est la conviction inébranlable que Dieu existe et qu’Il est Amour.

C’est la Foi au Dieu de Jésus-Christ, Seigneur Tout Puissant et notre Frère doux et humble, qui a vécu sur cette terre de Palestine, il y a moins de 2000 ans et qui a connu, comme nous, la joie de vivre et l’angoisse de mourir.

Cette Foi, don gratuit de Dieu, c’est en voyant vivre mes grands-parents et mes parents qu’elle a germé en moi. Ensuite l’Eglise et la Fraternité l’ont fait grandir, l’ont fortifiée au long des années… Et, au soir de ma vie, je voudrais témoigner qu’elle est un chemin qui ne trompe pas. Je crois qu’elle est la réponse à cette quête du sens profond de l’existence que chacun porte en soi et à cette soif d’absolu qui renaît sans cesse au fond du cœur humain.

Suivre Jésus pauvre, obéissant, livré par amour pour que nous ayons la vie, est un chemin exigeant et j’ai conscience de l’avoir bien mal suivi, mais au cœur de mes infidélités et de mes faiblesses, j’ai expérimenté la tendresse et le pardon de Dieu. Alors je voudrais aussi témoigner qu’il ne faut jamais avoir peur de Dieu à cause de notre misère, car il tend l’oreille à l’appel du pauvre et il est sans cesse à la recherche de l’enfant perdu.

Et enfin je voudrais dire que même si la mort garde pour moi sa part d’angoisse car c’est pour la vie que nous sommes faits, je sais au plus profond de moi-même qu’elle n’est pas la fin de tout mais un commencement, la déchirure nécessaire qui donne accès à la vraie vie qui s’ouvrira sur celui que nous verrons enfin tel qu’Il est, lui qui essuiera toutes larmes de nos yeux.

Oh oui, viens Seigneur Jésus

 

Petite sœur Annie de Jésus (A. M. Bras)

Béthanie, 22 août 1982

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