ps Magdeleine à la suite du Bx Charles de Foucauld

 

 

Depuis sa jeunesse petite sœur Magdeleine portait dans son cœur le désir de donner sa vie au Seigneur, malgré la maladie et les deuils de famille qui semblaient l’en empêcher. Son père lui avait transmis un grand amour pour l’Afrique et en particulier pour la population arabe; il lui a fait connaître Charles de Foucauld et dès la parution de sa  première biographie en 1921, ils la lisaient ensemble avec enthousiasme. Elle dira par la suite:

"Une petite lumière éclairait cette sombre période : la lecture du livre «Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara» (de René Bazin) en qui je trouvais tout l'idéal dont je rêvais : l'évangile vécu, la pauvreté totale, l'enfouissement au milieu des populations abandonnées... et surtout l'amour dans toute sa plénitude : Jésus-Caritas, Jésus-Amour..."

Oui, elle a trouvé dans le petit frère Charles de Jésus, comme elle aimait l’appeler, la « transparence de Jésus lui-même devant lequel il ne peut faire écran ». Elle étudie ses écrits et s’en nourrit. Dans le premier texte des Constitutions de sa congrégation, écrit pendant son noviciat en 1939, chaque chapitre est introduit par une phrase d’Evangile et une phrase de frère Charles. Elle utilise son langage « apostolat de l’amitié », « être défricheuses », « apprivoisement » ; elle fait sienne l’expression « Jesus caritas – Jésus Amour » …

Pourtant elle n’adopte pas la règle qu’il avait écrite mais pas suivie lui-même. D’un côté petite soeur Magdeleine veut « transmettre sa pensée bien plus que son règlement »,de l’autre elle l’enrichit aussi de sa propre expérience spirituelle et humaine. Elle est une femme pragmatique à l’écoute des intuitions que l’Esprit lui souffle, à la suite de Jésus « Maitre de l’impossible » dans la confiance, abandonnée comme un instrument entre Ses mains. Elle sent le besoin de solliciter le père Voillaume, fondateur des Petits Fères de Jésus, à élaborer et exprimer le message «de notre père commun Charles de Jésus » pour le faire connaitre car il peut être « un phare pour notre époque ».

Le frère Charles a voulu être un frère pour tous. C’est dans la vie quotidienne, dans un lieu inconnu au Sahara qu’il se fait « le frère universel » : frère pour les officiers et pour les simples soldats, frère des esclaves et des Touaregs, frère des musulmans, des juifs et des chrétiens. Pour se faire proche il vivait parmi les gens. A sa suite, à partir de son expérience à Touggourt, pte sr Magdeleine concrétise l’universalité en rejoignant les populations les plus éloignées, géographiquement et socialement, pour y planter des soeurs et dire à tout homme et femme : « Le Seigneur Jésus est ton frère et il t'a élevé jusqu'à lui... et je viens à toi pour que tu acceptes d'être mon frère et mon ami ».

Comme pour le frère Charles, pour petite soeur Magdeleine aussi, Jésus est « le Modèle Unique ». Elle vit sa relation avec son « Bien-aimé Frère et Seigneur Jésus » en toutes situations : sur les routes, pendant le travail, en accueillant ‘un de ces petits’ , dans le silence de la chapelle. Pour elle le mot contemplation exprime « l'attitude toute simple, toute confiante, tout aimante de l'âme en conversation intime avec Jésus, les tendresses d'un petit enfant pour son père, les épanchements d'un ami pour son ami », qui peut être vécue tout au long de la journée. Fortement marquée par la présence intime du Petit Jésus de Bethlehem, qui donne une note de petitesse et de tendresse à tout ce qu’elle vit, elle explicite ainsi une note que frère Charles avait vécu dans son propre itinéraire, mais pas beaucoup exprimé.

Pour petite soeur Magdeleine, le 1er décembre date de la mort du frère Charles, a toujours été un jour pour approfondir son message. Que ce soit aussi pour nous qui attendons avec joie la date de sa canonisation, l’occasion de trouver en lui un guide pour devenir toujours plus « fratelli tutti » et découvrir en chaque homme et femme rencontrés le Visage de l’Enfant de Bethléem qui vient vers nous !

 
 
 

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