" La Méditerranée" vue de nos yeux

Le matin du 20 février 2020  nous avons eu la grâce de participer à l’Eucharistie avec les 60  évêques des pays de la Méditerranée réunis à Bari pour le congrès organisée par  la Conférence Episcopale d’Italie( CEI) sur « La Méditerranée frontière de paix ».

La crypte de la basilique de Saint Nicolas nous a accueillis et recueillis. La célébration était sobre, et solennelle, davantage par son contenu que par sa forme.

La participation des initiés était très réduite. En plus des évêques présents et d’une bonne chorale, il y avait peu de prêtres diocésains, très peu de fidèles, quelques journalistes envoyés et à peine une dizaine de religieux et religieuses.

A la fin de la brève homélie, le cardinal Bassetti (président de la CEI ) souhaitait que cette rencontre qui commence tout juste, se fonde sur la charité en citant une homélie de Saint Augustin.: « Nous ne coulerons pas, seulement si la charité nous servira de bateau». Nous avons regardé ces hommes pendant qu’ils faisaient la file pour la communion. Nous avons regardé leurs épaules et leurs visages absorbés en essayant de deviner leur origine : les grands yeux des Egyptiens, la peau halée des gens du Moyen Orient….

Et les croix suspendues au cou : rappelant simplement la lointaine, grande et longue fastuosité de certains milieux d’une époque sans doute révolue. Il n’y avait aucun prince : leurs épaules étaient courbées ; avec surprise, ils cachaient des visages plutôt jeunes. Nous avons eu l’impression de nous trouver devant les pasteurs qui se dépensent, avec fatigue pour le bien-être de leurs fidèles et pour la joie de leur Seigneur. Il semblerait presque que le rêve d’une église agile et simple, commence à se réaliser.

Nous sentons que cette rencontre ne prétend pas apporter des solutions. Nous sommes entourés d’hommes qui écoutent, désireux de dialoguer, capables de s’agenouiller devant la douleur. Parmi eux, certains portent les signes qui ont marqués l’histoire de leur propre église et de leur propre peuple. Ils ne semblent pas s’attarder sur les actualités, mais ils ont plutôt soif de vivre une expérience personnelle qui se raconte dans sa fragilité. Dépouillés de la tentation du pouvoir, ils semblent lutter afin de continuer à persévérer dans l’annonce du Royaume. Pouvoir faire confiance les uns aux autres est le viatique, un don de grâce nécessaire.

Les petites sœurs de Bari

 

 
 
 

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